Carte IGN Geoportail | Vue satellite

Les galeries photo

Galerie Village | Galerie Château | Galerie Collégiale


Grignan est située dans le sud du département de la Drôme (à 77 km au sud de Valence, la préfecture), non loin du département de Vaucluse (à 68 km d'Avignon), à proximité du mont Ventoux, dans le Tricastin,
en Drôme provençale.

Histoire

Allez directement aux rubriques :
Château | Collégiale Saint Sauveur | Sources et liens

Grignan du XIIe au XVIIe siécle

blason grignanL'histoire médiévale de Grignan semble commencer à Cordy (à l'ouest du village) et la Motte.

Les Adhémar prirent possession au XIIe siècle d'un castelum édifié un siècle auparavant. Les seigneurs de Grignan rendirent hommage aux comtes de Provence pour leur baronnie. Grignan et tout le territoire en dépendant fut une terre rattachée à la Provence, mais enclavée dans le Dauphiné (d'où le nom parfois utilisé de "terre adjacente").

Les monnaies trouvées dans les fouilles du château attestant surtout d'échanges avec le Comtat venaissin voisin (monnaies papales).

En 1558, la baronnie de Grignan est érigée en Comté pour Louis Adhémar (qui est à l'origine de la reconstruction du château et de l'édification de la collégiale).

Sous Louis XIV, François de Grignan fut nommé lieutenant général des armées en Provence. Il participa au siège de plusieurs villes.

François de Grignan fut l'époux de la fille de Madame de Sévigné qui séjourna régulièrement au château de Grignan puis y mourut en 1696. Elle fut inhumée dans la collégiale Saint-Sauveur.
François de Grignan est resté pendant 45 ans lieutenant général des armées en Provence et a participé à de nombreux sièges et victoires
Il est l'un des personnages illustres de la dynastie des seigneurs de Grignan. Cependant, il est resté dans l'ombre de son illustre belle-mère, Madame de Sévigné.

GrignanGrignan fut rattaché au Royaume de Provence en 845.

Après les partages de la Provence, en 1125 puis 1195, les nouveaux seigneurs de Grignan, les Adhémar, se sentirent menacés au nord par les comtes de Valentinois et au sud par les comtes de Toulouse

Il prêtèrent hommage, dès 1239, pour tous leurs domaines, à Raymond-Béranger V, comte de Provence, afin d'obtenir sa protection.

Leurs terres furent ainsi volontairement ajoutées à celles dont ce dernier était déjà le seigneur ou suzerain. Ces terres furent considérées comme "petites terres et terres adjacentes" par opposition aux "grande terres" de Provence. Les seigneurs de ces territoires ne pouvaient pas participer aux assemblées provinciales, et ces terres étaient imposées séparément.

Jusqu'à la Révolution, Grignan est resté une seigneurie de Provence enclavée en Dauphiné et jouxtant le Comtat Venaissin.

Dans l'inventaire du château de Grignan du 16 septembre 1776, une liasse est retrouvée, dans laquelle se trouve un hommage rendu au Roy Charles de Provence et à Madame Béatrix, sa femme, par Adhémard seigneur de Grignan en l'année 1257.

Charles, comte de Provence, donna au seigneur de Grignan et aux siens une pension de cinquante livres sur les revenus de la cité de Marseille.

Guyot Adhémar fut chambellan du roi de Sicile, comte de Provence en 1419.

Gaucher Adhémar, baron de Grignan dès 1476-1477, fut échanson en 1456, puis écuyer en 1475, de Louis, Dauphin puis roi sous le nom de Louis XI. Jusq'en 1481, il rendit hommage, pour sa baronnie, aux comtes de Provence, comme ses pères, qui étaient parfois aussi à leur service. Gaucher Adhémar avait même acquis le droit de battre monnaie en ses terres en 1356, et ce texte attestant de ce privilège octroyé par "Charles le Quart" à Gaucher fut aussi retrouvé au château lors de l'inventaire de 1555.

La sœur de Gaucher, Jeanne Adhémar, épousa en 1439 Pierre de Glandevès, seigneur de Faucon, grand échanson du roi René.

En 1558, la baronnie est érigée en comté, par lettres patentes de Henri II.

Le comté de Grignan de Provence ne correspond pas exactement aux petites terres de Provence, puisque Chamaret, faisant partie du comté, y constitue une enclave dauphinoise, et Aleyrac est dauphinois. Par ailleurs, Allan, hors du comté de Grignan, est une terre Provençale.

En 1558, la maison de justice des seigneurs de Grignan comportait un bailliage (première instance) avec un juge (bailli), son lieutenant, un procureur et un greffier, ainsi qu’une cour d’appel ressortissant en partie au Parlement de Provence à Aix

carte cassiniAu XVIIIe siècle, la carte de Cassini (section de Vaison-la-Romaine) fait état des limites du comté de Grignan, qui est noté comme inclut en Provence, tandis que la ville adjacente de Taulignan est incluse dans le Dauphiné. En février 1740, une procédure est faite à Grignan par les commissaires du parlement d'Aix contre les habitants du Comtat venaissin pour avoir derrivé la rivière du Lez.

Sous l'Ancien Régime, la communauté gérait ses affaires de manière autonome, tous les habitants ayant part à l'assemblée du village, qui était cependant peu fréquentée

Premier Château

Le site de Grignan est d'abord un domaine agricole gallo-romain qui est devenu une dépendance de l'évêque de Die. Au Xe siècle, une fortification est construite par la petite aristocratie locale.

Avant 1035, le propriétaire du premier château devient Rostaing de Grignan.

Dès 1106, la présence du château va permettre le regroupement des habitations à son pied. C'est probablement au XIIe siècle qu'est construite la première enceinte du bourg castral primitif. Dans la seconde moitié du XIIe siècle, les Adhémar de Monteil vont progressivement capter la seigneurie. Un branche cadette des Adhémar, les Adhémar de Grignan, vont posséder la seigneurie en 1239.

Pour assurer la sécurité de leurs terres, les seigneurs de Grignan obtiennent du comte de Provence, en 1257, qu'elles portent le titre de terre adjacente de Provence, donnant des privilèges et l'autonomie fiscale et judiciaire.

Au XIIIe siècle, le village s'agrandit, nécessitant une modification de l'enceinte vers le nord. La chapelle Saint-Romain est construite pour le château ainsi qu'un corps de salle allongé au nord dans le prolongement de la tour carrée résidentielle.

À la fin du XIIIe siècle, la seigneurie devient une baronnie. Au XIVe siècle, la défense des portes du château se renforce.

Le Château Renaissance

Entre 1478 et 1495, Gaucher Adhémar (1450-1516), qui fut au service de Louis XI, double la largeur de la salle, crée des espaces résidentiels et remanie les façades de l'ancienne forteresse du Moyen Âge.

C'est probablement le mariage de Gaucher Adhémar avec Diane de Montfort, héritière des titres de comte de Campobasso et de duc de Tremoli, qui a permis d'introduire de nouvelles formes architecturales. Ces formes sont déjà connues des Provençaux à Avignon et Marseille grâce aux œuvres de Francesco Laurana et de son école. Par ailleurs des membres de la famille de Grignan étaient au contact des comtes de Provence, tel Guyot Adhémar, bisaïeul de Gaucher, qui a été chambellan de Louis III d'Anjou en 1419. La sœur de Gaucher, Jeanne Adhémar, a épousé en 1439 Pierre de Glandevès, grand échanson du Roi René.

En 1495, Gaucher Adhémar obtient de l'évêque de Die d'ouvrir une fenêtre dans la chapelle Saint-Romain pour construire la grande galerie d'apparat des Adhémar. L'état du château fait en 1516 après la mort de Gaucher Adhémar de Grignan cite deux fois la galerie qui est donc terminée à cette date.

Louis Adhémar (1474-1558), fils de Gaucher, a été ambassadeur du roi François Ier à Rome en 1538, puis lieutenant-général pour le roi en Provence en 1541. Il avait épousé en 1513 Anne de Saint Chamond, nièce probable du cardinal de Tournon, ce qui lui permit d'approcher le roi François Ier.

Le roi François Ier, revenant de Marseille, où il avait rencontré le pape Clément VII et marié le futur Henri II avec Catherine de Médicis, accompagné de ses fils, de la reine et du duc de Vendôme, est venu visiter le château en novembre 1533.

Entre 1540 et 1545, Louis Adhémar entreprend la construction du corps de logis sud, probablement par Antoine Soysson qui a succédé, après 1539, au maître maçon Jean de l'Occhia, ou Jean Delauche, pour terminer l'édification de la collégiale Saint-Sauveur entre 1539 et 1543 en contrebas du flanc sud-ouest du château. L'ensemble formé par la grande galerie, les espaces résidentiels est et le nouveau logis sud entoure la cour du puits. C'est au milieu du XVIe siècle qu'est construite la terrasse du château au-dessus de la collégiale.

Un second chantier est entrepris entre 1551 et 1556 pour la façade sud dite façade François Ier. Elle est construite entre deux tours médiévales réhabillées dans le style Renaissance. Elle a 18 mètres de hauteur et 52 mètres de long. Elle est composée de 14 travées, de colonnes, de pilastres, de fenêtres à doubles croisillons.

En 1654, Louis-Gaucher de Castellane-Adhémar s'est engagé à entretenir et refaire les voûtes et les toits de l'église Saint-Sauveur selon les besoin car la terrasse avait des infiltrations d'eau pouvant les mettre en péril. En 1675 et 1676 Mme de Sévigné s'inquiète de la situation critique de la terrasse. Une réparation intervient en 1680. C'est à cette époque que le parapet de la terrasse est remplacé par une balustrade.

François Adhémar de Grignan obtient l'aide de ses frères, Jean-Baptiste, l'archevêque d'Arles et Louis Joseph, l'évêque de Carcassonne, pour construire l'aile des prélats, à l'est du château, entre 1684 et 1690, permettant de régulariser les constructions édifiées du XIIe au XVIe siècle.

Au XVIIe siècle, le comte a fait ajouter, à la façade de l'aile sud, des percements de grandes niches à décor classique, dans les quelques trumeaux nus de la façade et détruire l'aile ouest, permettant d'ouvrir la cour du puits.

Le 17 avril 1696, Madame de Sévigné meurt au château. Elle est inhumée le lendemain dans la collégiale Saint-Sauveur.

En savoir + sur la page Wikipédia Château de Grignan

La collégiale Saint-Sauveur

L’église collégiale Saint-Sauveur de Grignan fut édifiée entre 1535 et 1542, à l’initiative du baron Louis Adhémar, conseiller et chambellan ordinaire de la chambre du roi, ambassadeur de François Ier à Rome (1538-1540), puis lieutenant général en Provence et gouverneur de cette province en 1541.

L’église fut consacrée avant 1539 et érigée en collégiale à cette date, par le pape Paul III. Son implantation spectaculaire au flanc du rocher qui porte le château, contribue à accentuer l’impression de grandeur et de magnificence du site, encore renforcée par la présence des puissantes tours carrées de façade et des hauts contreforts.

L’édifice construit dans la première moitié du XVI° siècle par le maître-maçon Jean Delauche, appartient toutefois à la tradition du gothique méridional : plan à large nef unique et chœur octogonal, voûtes sur doubleaux et croisées d’ogives, fenêtres à remplages.

L’édifice est construit dans la première moitié du XVIe siècle par le maître-maçon Jean Delauche. Quand au portail, il est édifié en 1542 par Antoine Soysson. Partiellement ruiné par les protestants en 1566, il fut restauré par le comte Louis Gaucher Adhémar en 1654.

La couverture en terrasse est conçue dès l’origine du projet architectural. Elle fut agrémentée d’une élégante balustrade en 1680.

Le mobilier de l’église est majoritairement du XVIIe siècle.

La plaque commémorative située dans le chœur rappelle la mémoire de Mme de Sévigné qui fut inhumée dans la collégiale le 18 avril 1696.

Sources et liens

- Wikipédia Grignan
- Wilipédia Château de Grignan
- Pays de Grignan
- Site de la ville de Grignan

___________
haut de page