Vue satellite sur Géoportail | Carte IGN sur Géoportail | Carte de Cassini (XVIIIe)
Le Château - La coseigneurie - Les Hospitaliers | Les Edifices Religieux
Le Vieux Cimetière - Autres cimetières - Rando de l'Aqueduc des Sagnières
Sources et Liens | Glossaire

_____________________________________________________________________________________________

Cliquez les vignettes ci-dessous pour accéder aux différentes galeries photos

Le village actuel Le Vieux Village Eglise St-Martin Le Vieux Cimetière Les Oratoires Chap St Amand A Venir - Aqueduc des Sagnières

Le Village

Le village de Clamensane est implanté au pied du Sasse en rive droite, sur un adret entre deux torrents, celui du Vermeil à l'Ouest et celui des Graves à l'Est. Il s'étire en montant du Sud vers le Nord sur les pentes de la colline de Siguret qui culmine à 881 m.

Depuis le Moyen-Âge, il est resté sur son lieu d'implantation initiale. Les vestiges des fortifications ont aujourd'hui totalement disparus.

Le village médiéval a été abandonné dans sa partie la plus haute. On en trouve cependant des traces sous forme de ruines. C'est au point le plus haut que se trouvait le château dont il ne reste plus de traces.

Le nom Clamensane apparaît vers 1200 sous les formes Clemenciana, Clemenzana ou Clamensana. Ces noms suggèrent une origine latine et patronymique dérivée du latin Clementius, nom d'homme donné au lieu qu'il habite ou à l'exploitation qu'il dirige.

___________
haut de page

Le Château et La coseigneurie de Clamensane

Blason ClamensaneUn castrum* est mentionné à Clamensane en 1202 dans une narration des guerres et des pourparlers survenus entre Guillaume IV, comte de Forcalquier et Alphonse II, comte de Provence. On le cite également dans les châteaux qui constituaient le douaire* de Béatrice de Savoie en 1232.

Au XIIIe siècle, le castrum de Clamensane devait à la baillie de Sisteron le service d'un cavalier avec cheval d'arme* et cinq clients*. Les status de cette baillie (28 décembre 1237) ont été promulgués par le comte de Provence, Raimond Bérenger V devant les seigneurs des différentes seigneuries de la région. Il comportaient plusieurs chapitres : Un sur la justice, sur les cavalcades*, sur le droit d'albergue* et un autre sur les droits de queste*.

En 1408, le comte de Provence envoie deux inspecteurs vérifier l'état de défense d'une série de place, dont celle de Clamensane. Ils constatent que les fortifications sont en mauvais état et doivent être renforcées.

Aujourd'hui, la localisation de ce bâti reste imprécise. Il est à supposer qu'il se trouvait, par logique, au point le plus haut du village.

Clamensane était une coseignueurie. De nombreux particuliers rendent hommage* au comte pour quelques terres. Les Principales familles représentant les Seigneurs majeurs de Clamensane :
Aperioculos (de 1309 à 1351) et Reillane.
Les Villeneuve, apparenté aux Demandols-Glandevez-Cabanes et Gras-Préville (1489-1787)

Les Hospitaliers de St Jean de Jérusalem

Ecu HospitaliersL'ordre des Hospitaliers entre dans la région suite à l'accord de 1202 entre Guillaume IV, comte de Forcalquier et Alphonse II, comte de Provence, au sujet du partage de comté de Forcalquier. Ce sera la première implantation des Hospitaliers dans la région.

Le comte de Provence passe des accords avec les seigneurs locaux et les ordres militaires pour équiper, garder et défendre les confins de son territoire. En 1203, il remet aux Hospitaliers ou au Temple quatre castra, dont Clamensane.

Un acte du 13 mai 1258, passé entre le commandeur des Hospitaliers de Gap, les co-seigneurs de Clamensane et les habitants régle les droits, entre autres, ceux de corvée. En effet, l'ordre n'est seigneur du lieu qu'en partie, et à ce titre, il a le droit de lever la queste* dans les six cas*, hormis la cavalcade*. Son domaine s'étend déjà sur une partie de Vaumeilh et Clamensane.

La présence des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem à Clamensane est attestée en 1258. Ceux-ci dépendaient de la commanderie de Claret. L'ordre aurait possédé un établissement au lieu-dit Clautra, aujourd'hui appelé La Clastre, site qui se trouve à l'Est du village ou ont été repérés des restes de bâti et trouvés des ossements. Au XIXe siècle, une procession avait encore lieu en ce lieu de la Clastre le jour de l'ascension.

On trouve dans le village trois oratoires portant la croix des hospitaliers, dont un, le plus à l'Est près de la Clastre, fut élévé en 1863 à la place d'un croix. Une inscription gravée sur sa face Sud nous dit:
EN MEM DES HOSPITAL DE ST JN DE JER 1863
En m[moire] des hospital[iers] de s[ain]t j[ea]n de jer[usalem]

En savoir plus sur les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem

___________
haut de page

Les Edifices Religieux

Clamensane - Edificeces religieuxL'ancienne église Saint-Martin :

La très ancienne église paroissiale de Clamensane etait accolée à l'enceinte du castrum et faisait partie du vieux village fortifié. Trouvée en mauvais état lors de la visite de l'évèque Pierre Paparin de Chaumont le 3 août 1599, elle est toujours dans ce piètre état en 1641. Elle est enfin restaurée vers la fin du XVIIe siècle.

Cependant, l'inventaire des paroisses de 1707 la décrit comme petite, malpropre et mal ornée, ayant deux chapelles entièrement indécentes: l'une du seigneur et l'autres de Maurel.
De ce fait, elle est interdite par l'évêque de l'époque. Elle sera réparée, mais durant le XVIIIe, son mauvais état la menacera d'un nouvel interdit. Elle est démantelée en 1830.

L'église paroissiale Saint Martin actuelle (1830-1831) :

Les matériaux de l'ancienne église Saint-Martin et de la chapelle Notre-Dame-d'Espinouse, servirent à édifier la nouvelle église paroissiale du village. Elle est dotée d'une voûte en berceau brisé, coiffant une nef flanquée de deux collatéraux. Elle possède six vitraux ornés. Le retable et son tableau représentant la Création des anges, du XVIIIe siècle, sont classés monument historique au titre d'objets.

La chapelle Notre-Dame-d'Espinouse (XIIe) :

Cet édifice religieux était situé sur l'emplacement de l'église Saint Martin actuelle. Il a été démantelé en 1830.

La chapelle Notre Dame d'Alamond à la Clastre :

Clamensane - ND d'AlamondLe seul souvenir laissé par les Hospitaliers de Clamensane est un site dit "la Clastre" situé sur la rive droite du Ravin des Naisses, à l’endroit où il rejoint la Sasse. Le cadastre de 1734 cite une terre à la Clastre confrontant de tous côtés des clapiers et Notre Dame d’Alamond.

Les habitants de Clamensane ont élevé un oratoire près du site en 1883 portant l’inscription :
EN MEM DES HOSPITAL DE ST JN DE JER 1883. (En Memoire Des Hospitaliers De Saint Jean De Jérusalem)

En 1862, L’abbé Colomb relate que les paroissiens s’y rendaient en procession et qu’on découvrait des ossements sortant de terre près des ruines de la chapelle.

Aujourd'hui, tout à disparu. Mais quand on visionne le lieux en vue satellite sur Géo-portail, on voit bien les fondations d'un édifice comportant une abside en cul de four et deux petites chapelles latérales, sur la rive droite du torrent des Naisses à environ 80 m au Nord de l'oratoire et à un cinquantaine de mètre de la rive droite du torrent. L'édifice fait environ 15 m de long sur 8 m de large.

La chapelle Notre-Dame du Rif :

Dans les archives relégieuses de Clamensane, il est fait mention d'une chapelle Notre-Dame de Rivo citée dans un document de 1551. L'état actuel des connaissances ne permet pas de préciser si cette chapelle se trouvait dans un édifice cultuel connu de Clamensane ou s'il s'agissait d'un éfifice rural.

La chapelle Saint-Amand :

Chapelle St AmandElle se situe sur la montagne de Briançon, à environ 4 Km à l'Est de Clamensane à une altitude de 1291 m. Pour y accéder, un sentier part depuis la Clastre e longeant le ravin des Naisses et chemine ensuite à l'adret puis à l'Est de la montagne de Briançon. Voir l'itinéraire sur Géportail
La présence de vestiges de construction et de sépultures atteste d'une occupation très ancienne.

Elle est implantée sur l’ancienne frontière séparant l’évêché d’Embrun de celui de Gap et également à l’époque romaine frontière séparant la Provincia des Alpae Maritimae. On peut suivre cette ancienne frontière en remontant vers le nord et reconnaître deux autres points remarquables placés sur des sommets, appelés posterles, l’un au Caire, l’autre à Faucon-du-Caire. En descendant vers le sud, la frontière franchit la Sasse à la sortie des gorges de Bayons, exactement à la Tour de Bédouin, puis en remontant sur Esparron-la-Bâtie passe encore à une pousterle, suit la crête des Gardes et celle de l’Oratoire pour aboutir au sommet de l’Oratoire (2072 m).

Ces posterles ou postes de surveillance pourraient être alors l’œuvre des Romains à un moment où les Alpes cotiennes n’étaient pas encore les alliées de Rome. Guy Barruol observe chez les Romains un nombre important de monuments-frontières, qui, dans la désignation des limites leur servaient de points de repères fixes et inamovibles, par exemple des tombeaux monumentaux (7). Le site de Saint-Amand pourrait se révéler être l’un d’entre eux, on y découvert des fragments de tegulae et des tombes. Le site aurait été repris ensuite lors de la christianisation pour sacraliser un monument païen, tombeau ou petit temple. L’attrait de la population vers ce haut lieu, dans les deux sens du terme, ferait ainsi suite à une tradition dont elle aurait perdu l’origine et le sens premier.

Elle est signalée en 1600 comme faisant l’objet d’une procession par les paroissiens. Le 18 mai 1786, permission est donnée par l’abbé de La Villette, vicaire général, au curé de Clamensane de conduire processionnellement sa paroisse à la chapelle de St-Amant le lendemain de la Pentecôte. S'y retrouvaient alors des pèlerins de Clamensane, Bayons, Esparron, Reynier et Châteaufort. Au terme d'un longue marche d'environ quatre heures sur des chemins scabreux, une messe était dite suivie d'un repas champêtre. Cet évènement était aussi l'occasion pour les jeunes filles célibataires de demander un mari et pour tous d'espérer que la pluie tombe de façon bénéfique.

Cette procéssion a perdurée jusquaux années 1920. Le bâtiment tombant en ruine à été restauré en 1999-2000 et la procéssion à depuis repris.

Chapelle St Amand - Boucle de 13 Km au départ de la Clastre

Distance: 13 Km - Dénivelé: 850 m - Durée: 6 heures - Balisage: jaune - Difficulté: *** - Carte IGN 3339 ET
PDF Clamensane - Rando chapelle St Amand

___________
haut de page

Le Vieux Cimetière

tombe du cieneri Anselmo CambiCe cimetière abondonné dit "Le Vieux Cimetière" est évoqué lors de la visite épiscopale de l'évêque Charles Bénigne Hervé le 1er mai 1687.

Il y est question d'un cimetière éloigné de l'église, bien fermé de bois au milieu duquel se trouve une croix propre et décente.

Il éxiste toujours aujourd'hui. La croix à disparu, ainsi que le majeure partie des tombes. Il reste quelques murets et murs de soutènement, ainsi que l'entrée piétonne au Nord.

On y trouve encore aujourd'hui deux tombes, dont une à encore sa pierre tombale en assez bon état et dont les inscriptions sont encore lisibles :

QUI REPOSA LE CIENERI DI ANSELMO CAMBI DICIENDE AS 17 OTTOBRE 1883 INETA DANNI 183

Les autres cimetières

Il éxistait également un cimétière plus ancien sur la crête du rocher à l'emplacement supposé du castrum. On parle aussi d'un cimétière des Huguenots ou furent ensevelis des Protestants à l'époque des guerres de religion, ainsi que des suicidés et des enfans morts sans baptème. Le cimetière actuel serait antérieur à 1740.

Aqueduc des Sagnières - Boucle de 6 Km au départ de Clamensane

Caractéristiques de l'Itinéraire :

Distance: 6 km - Dénivelé: 250 m - Durée: 3 heures - Balisage: Jaune - Difficulté: * - Carte IGN 3339 ET
PDF Rando des Sagnière à Clamensane
_____________________________________________________________________________________________

Aqueduc dees SagnièresLa ballade :
Elle commence au nord du pont de Clamensane. On longe la rive droite du torrent de Vermeil sur environ 1 km. ensuite on bifurque sur la droite, (parcarte "Aqueduc") et on traverse le torrent sur une passerelle de bois. ensuite le sentier contourne une barre rocheuse et bifurque sur la droite. On entre ici dans l'étroit ravin des Sagnières que l'on va suivre sur environ 1,5 Km jusqu'à l'aqueduc. Ensuite, le sentier longe les sagnières (marécages) pour rejoindre une piste qui nous méne jusq'aux hameau des Basses graves, ou l'on suivra la route goudronnée en redescendant vers Clamensane sur environ 800 m. Le sentier bifurque ensuite sur la droite et nous ramène à Clamensane en passant devant le Vieux Cimetière et en traversdant les ruines du Vieux village.

L'Aqueduc et les Sagnières :
Au Nord du village, à environ 3 Km se trouve l'ancien aqueduc des Sagnières. Il est bâti en pierre et constitué de deux arches en arc brisé. Il fait 15 m de long par 1,30 m de large. Le canal qui transportait l'eau fait 45 cm de large sur 60 cm de haut. Le sentier passe sur l'aqueduc, dans ce canal. Juste après à l'Est, se trouvent trois étendues d'eau stagnantes, les Sagnières qui signifie marécages. En occitan: Sanièro.

Celui-ci n'étant plus en activité. Je n'ai pour l'instant, malqrès de longues recherches, trouvé aucune information concernant sa date de construction ainsi que son utilité précise. Non loin de la, plus à l'Est se trouvent trois étendues d'eau stagnantes, les Sagnières.

___________
haut de page

Source des commentaires

Les Hautes Terres de Provence Les Hautes Terres de Provence
Itinérances Médiévales
Association Les Hautes Terres de Provence
Editions C'EST-Â-DIRE
(2008)

Ce livre est également disponible à Sisteron à la Médiathèque André Roman

Archeoprovence Clamensane

Liens

Clamensane Wikipédia

Aqueduc des Sagnières sur Randomania

Geo-alp - Données Géologiques pour Clamensane

Glossaire

*Castrum
Terme d'origine latine qui désigne un camp militaire. Au Moyen-Âge, il désigne un ouvrage fortifié, une tour, la plupart du temps en bois puis bâtie en pierre aux XIe et XIIe siècles. Il donne le mot château à comprendre dans le sens militaire et de protection.

*Douaire
Il s'agit d'un droit ancien désignant la portion de biens que le mari réserve à son épouse dans le cas ou celle-ci lui suirvivrait. La bénéficiaire est dite douairière. Le douaire est un élément fondamental du droit des gens mariés sous l'Ancien Régime.

*Cheval d'armes
Cheval qui était utilisé par les armées. Idéalement il devait marcher vite, très longtemps et agréablement sous un très gros poids (120 à 150 kg)

*Client
Toute personne de mettant sous la protection de quelqu'un.

*Droit d'albergue
Le droit d'albergue est un droit prévu dans des actes de donation fait par un seigneur obligeant le bénéficiaire, vassal, écuyer, gens d'arme, congrégation religieuse et tout sujet à lui offrir le gîte et le couvert une fois l'an.
Le droit d'albergue est apparu dans les temps anciens quand les seigneurs n'avaient pas de gîte commode quand ils voyageaient dans leurs domaines.

*Cavalcade
Droit du suzerain de lever une troupe constituée d'hommes de différents villages.

*Queste
Primitivement, droit que le seigneur levait sur ses serfs questables. Par extention, taille, fouage, impôt seigneurial.

*Hommage (rendre)
Promesse de fidélité et de devoir faite au seigneur par le vassal.

*Cas - Les six cas ou le seigneur peut lever un impôt :
Le droit de gîte, le mariage des enfants du seigneur, l'adoubement d'un chevalier, le paiement de la rançon du seigneur ou de son fils, la convocation du seigneur auprès du Saint-Empire à l'occasion de son départ en croisade et la cavalcade.

___________
haut de page