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La Tour de Nibles (XIIIe)

Tour de Nibles Cette tour est ancrée sur une arrête de calcaire qui surplombe un étranglement du Sasse, face à l'ancien castrum de Châteaufort implanté sur la rive opposée au sommet d'un piton rocheux, et du village actuel de Châteaufort.

La Tour de Nibles appelée localement La Bâtie, se trouve aux marges du territoire du village sur un promontoire anguleux d'un dénivelé vertical de 90 mètres.Elle est enregistrée comme ancien château dans les registres fonciers de XVIIe siècle.

D'après les ouvrages publiés à l'époque moderne*, sa vocation ne dépasserait pas celle d'une simple tour de guet dont il resterait quelques débris. Cette évaluation sous-estime les potentialités de cet édifice imposant dont la maçonnerie de gros oeuvre est relativement bien conservée sur 6 m de hauteur.

En effet, sa position statégique est en liaison avec les passages. Ceux qui se pratiquaient sur les berges du Sasse et ceux qui empreintaient les itinéraires transversaux, carrossables mais plus longs. Il est à rappeler que la route actuelle ne date que du XIX siècle.

Expression du pouvoir aux confins de sa circonscription, la Tour est un compromis entre la défense et la volonté de confort attachée à sa fonction résidentielle. Un concept rarement réalisé en région alpine et qui évoque les tours-bastides construites en Basse-Provence au XIIIe siècle.

Aujourd'hui encore, l'harmonie entre la construction et son environnement est troublante. De loin, comme vous pourrez le voir sur les premières photos de l'album qui lui est dédié, les murs se distinguent à peine de la roche. C'est pour cela que j'ai mis une flèche sur la première photographie afin d'aider à la repérer.

A l'origine, la Tour devait atteindre une douzaine de mètres de hauteur, c'est à dire trois niveaux au minimum. Deux d'entre eux sont encore visibles.

La construction de plan rectangulaire épouse habillement le relief tourmenté de la roche. Le premier niveau, est semi enterré et fondé sur une entaille de la roche. Il est en parti comblé aujourd'hui par les éboulis des étages supérieur, et des arbres s'y ont poussés.

Le second niveau suit la ligne de crête. Les murs d' 1,30 m d'épaisseur sont montés en blocage à parements assisés en moellons calcaires, les chaînages d'angle sont en tuf local.

Le niveau inférieur devait servir de réserve. L'étage supérieur est composé d'un salle unique de 48 m2 qui était converte par une voûte en berceau en tuf qui retombait sur un cordon de pierre en quart de rond.
Cette voute est écroulée aujourd'hui, mais son départ sur les murs Est et Ouest est encore en état sur 1 m de haut environ, ainsi que les pierres en quart de rond sur lesquelles elle repose.

Cette salle est accéssible par un porte percée dans la façade orientale à trois mètre du sol.L'arc surbaissé de l'embrasure est soutenu par deux piédroits qui gardent les traces d'un système de fermeture à barre coulissante.

Deux meurtrières à large ébrasement interne et jour étroit, conçues pour le tir plongeant, sont ménagées à l'Ouest.

Sur la face opposé un trou à feu creusé en contre-plongée et une cheminée affirment la fonction résidentielle du bâtiment.

A l'extérieur, au Sud, un pan de mur délimite une petite plate-forme. On devine des restes de murs au Sud et à l'Est qui attestent de constructions, probablement des dépendances et des habitations.

Au Nord se trouve aussi des vestiges de maçonnerie visiblement liés au plâtre rose qui se soudaient a l'angle Nord/Est de la Tour et au rocher à l'Est.

On peut encore voir sur cette roche qui s'élève au Nord du la plate-forme citée juste avant, des restes d'une sorte de niche de plâtre dans une infractuosité (voir photo n° 50 de l'album)

Si l'on peut estimer que la Tour s'inscrit dans un mouvement qui apparaît en basse-Provence au XIIIe siècle, il est difficile d'avancer une date précise pour sa construction, sans doute la seconde moitié du XIIIe siècle.

Pour l'autorité comtale, ces maisons fortes remplissaient plusieurs objectifs:
Elles favorisaient la mise en valeur économique de la région et regroupaient un habitat qui avait tendance à se disperser, tout en assurant la sécurité du territoire.

A Nibles, le commanditaire de la Tour n'est pas connu. Néanmoins, le rôle important joué par Robert de Laveno et par son fils Philippe auprès de la famille régnante, leur prospérité croissante dans la région entre 1253 et 1285, en font, par extrapolation, des candidats plausibles à la mise en oeuvre de ce projet innovant.

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Le Village de Nibles

Voir les photos de NiblesLa localité apparaît pour la premières fois au XIe siècle sous le nom d'Umebellus (Bel Orme), puis début XIIIe, sous la forme Nibla qui décrirait un lieu hanté par les rapaces. Au XIIe siècle, elle appartient à l'Ordre de Malte

Nibles se trouve sur la rive droite du Sasse. Le village actuel occupe la plaine depuis le XVIIe siècle. Auparavant, il se trouvait sur le piton rocheux dont il reste les vestiges d'une tour de guet, la Tour de Nibles (Voir plus bas). Du village primitif, il ne reste que quelques pans de mur à l'Est de la Tour.

Suite à la grande crise qui marqua le Moyen-Âge, Nibles est inhabité en 1471. La reprise démographique qui surviendra avec la fin de cette crise sera à l'origine de la création du village actuel. Au XVIIIe siècle, Nibles compte 171 habitants.

Dans le village se trouve une maison seigneuriale datant de la fin des XVIIe ou XVIIIe siècles, appelée aujourd'hui "Le Château" (Voir galerie photo)

Les seigneurs

Blason de NIblesDe 1232 à 1256, la seigneurerie de Nibles fait partie du douaire* de Béatrice de Savoie, épouse du comte de Provence, Raymond Béranger V. Le château est détenu par les Justas, puis par leurs alliés, les Laveno, deux familles au service des souverains.
En 1398, suite à une alliance entre Bellette (fille de Pierre de Venterol) et Baudoin d'Oraison, la seigneurerie entre dans le patrimoine de la famille d'Oraison pour deux siècles. Elle est unie au marquisat d'Oraison en 1588.

Plus tard, aux XVIIe et XVIIIe, la seigneurerie est acquise successivement par les André, les Pontevès puis les Arnauds. Ils la vendront en 1753 à Jean Joseph Olivier de Bonne, sous réserve d'en conserver le titre.

Alphonse Louis d'Armand, conseiller au parlement et seigneur de Nibles, à acquis au XVIIIe siècle un hôtel particulier à Aix-en-Provence, n° 37 du cours Mirabeau, appelé Hôtel de Nibles.

Les Edifices Religieux

Eglise actuelle Notre-Dame-de-Betléem (1717) Cette église remplace l'église du même nom qui se trouvait jadis près du château et de l'ancien village sur un éperon rocheux plus à l'Ouest (La Bâtie). Elle fut construite dans le nouveau village en 1717. Avant sa construction, le culte se pratiquait dans la chapelle de l'Assomption, fondée en 1687 par François de Pontévès, seigneur de Nibles dans sa demeure construite à la lisière du nouveau village.

Eglise du Temple
Une église du Temple éxistait à Nible. Il s'agissait d'une ancienne posséssion templière saisie en 1309, et qui resta dans les mains du clergé pendant plusieurs décennies. Elle est ensuite ratachée à la commanderie des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem de Claret.

Eglise Saint-Michel
Le domaine des Hospitaliers possédait également à Nibles, au lieu-dit "De Cavallaria" une église rurale appellée Saint-Michel de la Cavalerie. Elle est citée dans le dénombrement des biens de 1373 des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem de Claret en 1373. De ces deux églises, il ne reste aujourd'hui nulle trace.

Source des commentaires

Les Hautes Terres de Provence Les Hautes Terres de Provence
Itinérances Médiévales
Association Les Hautes Terres de Provence
Editions C'EST-Â-DIRE
(2008)

Ce livre est également disponible à Sisteron à la Médiathèque André Roman

Nibles sur Wikipédia

Liens

Geo-alp - Données Géologiques pour Nibles

Glossaire

*Epoque moderne
Période allant de la fin du Moyen-Âge (1453 - chute de Constantinople) à la Révolution (fin du XVIIIe siècle).

*Douaire
Il s'agit d'un droit ancien désignant la portion de biens que le mari réserve à son épouse dans le cas ou celle-ci lui suirvivrait. La bénéficiaire est dite douairière. Le douaire est un élément fondamental du droit des gens mariés sous l'Ancien Régime.

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