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Histoire

Renaissance - Période moderne - Période contemporaine | Evolution du village | Edifices religieux
Edifices religieux ruinés - Le Château-fort - Sources et liens | Situer sur Google Maps

Préhistoire et Antiquité

Blason oppede Le nom d'Oppède apparaît pour la première fois au début du XIe siècle.

Il vient peut-être du mot oppidum (ville fortifiée gauloise, sur un lieu généralement en hauteur), ce qui correspondrait bien au site d'Oppède-le-Vieux, qui est le vieux village perché d'Oppède.

On a trouvé quelques traces d'occupation romaine, un autel au dieu Mercure (au musée de Cavaillon), des monnaies. La voie Domitienne passe en bordure du Calavon.

Moyen Âge

Moyen-ageAprès avoir appartenu au comte de Toulouse, Oppède passe sous l'autorité des papes en 1274, après la croisade des Albigeois. En 1380, Oppède est attribué au routier Bernardon de la Salle, qui le garde jusqu'à sa mort en 1391.

Retournant sous l'autorité du pape, les Oppédois n'en n'apprécient pas la lourde fiscalité, surtout quand les troupes de Raimond de Turenne, qui faisait la guerre au pape, endommagent le village en 1394, les Oppédois reprochant au pape d'être plus efficace pour percevoir des impôts que pour défendre les imposés. Quand les Taillades se soulèvent contre le pape en 1398, les Oppédois se joignent à eux.

Lors du schisme de la papauté, Oppède accueille l'antipape Benoît XIII Pedro de Luna, mais ce dernier doit fuir et se réfugier en Espagne.

Son neveu Rodrigo de Luna fait d'Oppède une place forte pour la défense des intérêts familiaux et y installe en 1409 une garnison de mercenaires catalans.

Les légitimistes (partisans du pape de Rome) assiègent alors Oppède pendant deux ans, jusqu'à ce que la garnison catalane quitte la place et s'enrôle dans les rangs des assiégeants. Oppède revient alors au pape de Rome.

Renaissance

RenaissanceEn 1501, le pape Alexandre VI concède la seigneurie d'Oppède à l'Avignonnais Accurse Maynier (ou Meynier), juge-mage de Provence, pour une redevance annuelle de 230 florins. Les Oppédois s'y opposent et n'acceptent leur nouveau seigneur qu'en 1511, après la garantie que leurs droits seraient maintenus.

En 1530, le dominicain Jean de Roma dirige une campagne de lutte contre les hérétiques. Les pillages et meurtres se succèdent jusqu’à l’intervention du roi, alerté par la tournure des événements (l’inquisiteur s’enrichissant des pillages).

C'est son fils, Jean Maynier, qui s'illustre dans le massacre des Vaudois du Luberon en 1545, causant le massacre de 3000 personnes, ce qui l'amène à comparaitre en 1551 devant une cour royale à Paris, qui condamnera à la décapitation le procureur ayant requis l'acte de répression.

La famille Maynier, mal vue en raisons des massacres des Vaudois et convertie au protestantisme, quitte Oppède et Aix-en-Provence à la fin du XVIIe siècle.

Période moderne

Periode moderneLe château est abandonné vers la fin du XVIIe siècle, puis peu à peu ruiné par les pillages des habitants. Comme l'ensemble du Comtat Venaissin, Oppède reste aux papes jusqu'au 14 septembre 1791.

Un décret, rendu sur la proposition du député Camus, réunit à la France Avignon et le comtat Venaissin.

Au cours du XIXe siècle, la population descend vers la plaine, l'église et la mairie (en 1912) suivent et le centre de la commune est maintenant à Oppède-les-Poulivets, le vieil Oppède n'étant plus guère habité et tombant en ruines.

Période contemporaine

periode contemporaineAprès l'armistice de 1940, des artistes viennent se réfugier au vieil Oppède. Parmi eux se trouve Consuelo de Saint Exupéry, la femme de l'aviateur Antoine de Saint Exupéry.

Lorsque Consuelo part en 1942 pour rejoindre son mari aux États-Unis, elle fait serment à ses amis de raconter l'histoire du groupe d'Oppède, promesse tenue dans un livre intitulé Oppède.

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Evolution du village des origines au XXe siècle

originesUn promontoire rocheux sur le flanc nord du Luberon, perché au-dessus de la vallée du Calavon.
Sans doute quelques grottes sont dispersées sur l’escarpement. Imaginez l’attirance de ce refuge naturel pour les hommes d’alors.
Cependant les premières preuves de l’occupation remontent à l’époque romaine.
Ensuite le site accueille probablement en son sommet une place forte d’abord sommaire qui se transforme en château entouré d’habitations.

Moyen ageLes structures villageoises intra-muros d’Oppède sont établies au début du Moyen-Age. Les creusements de la roche-mère sur lesquels les maisons sont encore visibles.
Le réseau actuel des rues est installé sur ces premiers aménagements du site.
Possédé d‘abord par divers seigneurs, ils devient propriété papale en 1274 lorsque les papes siègent à Avignon.
Le castrum modeste devient un bourg important en dialogue avec les deux villes du voisinage, Apt et Cavaillon. La population du village atteint environ 900 habitants au XIVe siècle.
Dominé par son château et son église, défendu par son rempart, le bourg occupe tout le flanc du piton. Le bâti y est très dense, les rues étroites. C’est la période de plus grande prospérité du village.

17e siecleC’est un moment important pour Oppède même si les traces en sont peu nombreuses sur la façade des maisons.
L’église est reconstruite, le château est agrandi et fortifié à l’époque trouble des guerres de religion, le rempart est enrichi de nouveaux ouvrages.
La fin du siècle voit le tout début de l’essaimage des oppédois dans la plaine et de la création du faubourg devant la porte principale et le long de l’accès originel au village par Sainte Cécile.
Le fief papal passe aux mains des barons d’Oppède, personnages importants du parlement d’Aix-en-Provence et dont le plus célèbre orchestra le massacre des Vaudois en 1545.

17-18e sieclesL’évolution notable est l’extension du faubourg dont la rue principale, la rue Sainte Cécile reste l’accès majeur au village.
Le château tombe alors progressivement en désuétude et lorsqu’il subit le tremblement de terre en 1731, il est abandonné. Il commence alors son existence de carrière de pierres.
Le haut du village est lui aussi déserté. Le bourg se centre hors les murs sur la place de la Croix qui se structure définitivement avec sa halle et sa mairie édifiée au dessus de l’ancienne mairie.
La population est alors de 1300 habitants, ce qui est peu relativement aux villages voisins.
Quelques maisons sont reconstruites ou réaménagées intra-muros. En fait, le déperchement est déjà bien avancé et l’essentiel du développement se fait en bas, dans la plaine.

19e siecleLa vie à Oppède est assez semblable à celle des autres villages du Luberon. On compte ainsi en 1829 une majorité de cultivateurs, mais aussi d’artisans et de commerçants, ainsi que des carriers qui travaillent déjà dans le voisinage.
Le quotidien est rythmé par les allers-retours entre la plaine et la montagne.
La ruine progresse, seul le bas du village est habité. L’activité de la construction s’amenuise. L’accès est modifié, la route contourne désormais la colline. L’arrivée du chemin de fer dans la vallée et la modernisation des techniques agricoles s’ajoutent à la rigueur hivernale du vieux-village, l’absence de point d’eau et l’inconfort des rues. Le déperchement s’accélère.
Vers la fin du siècle, le déplacement du chef-lieu vers des hameaux de la plaine est envisagé.
Un bureau de poste et une école sont ouverts aux Poulivets, hameau central de la commune. La population va s’y déplacer progressivement.

20e siecleEn 1909, la mairie est déplacée vers le nouveau chef-lieu. Le vieux-village est déserté. Pendant la deuxième guerre mondiale quelques étudiants en architecture s’y réfugient.
Ils sont rejoints par d’autres artistes et le « Groupe d’Oppède » va compter jusqu’à quarante personnes. Il se dissoudera avant la fin de la guerre.
Cependant un esprit d’occupation de ces lieux abandonnés va inspirer les nouveaux venus qui reprennent en main le village.
Peu à peu les maisons du front bâti sont réhabilitées, le vieux-village reprend vie.
Certains se lancent même dans la reconstruction des maisons accrochées au flanc du piton, quelques uns parviennent à leurs fins.
Le tourisme se développe à la fin du siècle sur ce site qui attire et reçoit quelques aménagements.
Cependant le village intra-muros connaît la ruine. De nombreuses maisons disparaissent, la végétation reprends ses droits.

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Les édifices religieux

Collégiale N-D Dalidon

Edifices religieuxLa collégiale Notre Dame Dalidon a été construite au XVIe siècle (de 1500 pour le clocher à 1592 pour le chœur) à l’emplacement d’une église antérieure datant probablement du Xe ou XIe siècle.

Elle est mentionnée pour la première fois dans un document de 1235. D'allure romane, elle a été remaniée en 1547 après la guerre des Vaudois, puis en 1592 avec des adjonctions gothiques, puis encore en 1815 et 1869.

Le nom actuel de l’église, Notre Dame Dalidon, semble lui avoir été donné à la fin du XVe siècle. Auparavant, elle était dédiée à la Vierge Marie. Il proviendrait du bas latin dolidus qui signifie douleur. Notre Dame Dolidon est transformé par l’usage en Dalidon (Notre Dame des douleurs).

Le 17 avril 1546, l’évêque de Cavaillon nomme à la tête de la paroisse un chapitre de six chanoines. L’église prend le titre de collégiale.

Chapelle des Pénitents Blancs

Penitents blancsCette chapelle a été construite en 1680 par la confrérie des pénitents blancs, probablement remaniée au XVIIIe siècle, elle est utilisée jusqu’en 1855.

C’était le lieu de culte et de sépulture de la confrérie des pénitents blancs, on ne connaît pas la date de création de cette confrérie, mais elle a existé jusqu’en 1846.

Elle fut vendue à un privé en 1905 comme bien national après la séparation de l’église et de l’etat. Elle est adjugée 495 francs au dénommé Bernard Agricol qui l’a revendue par la suite.

Cette chapelle est constituée d'une nef unique sur plan rectangulaire et d'un chevet plat. Elle ne compte que deux fenêtres en plien cintre sur sa façade nord.

Sur la façade Est se trouve la seule porte d'accès à la chapelle. Il s'agit d'une grande porte à décor sans doute construite au XXIIIe siècle. Elle est encadrée de pilastres doriques sur base, avec chapiteaux supportant l’entablement qui se compose d’un bandeau et d’une corniche moulurée.

Au dessus, au centre, se trouve un grand occulus ciculaire de facture simple. On trouve au dessus de cet oculus une corniche moulurée et trés en saillie sur la largeur de la façade qui rejoint la base des deux pans de toiture (Sud et Nord).

Viens ensuite l'embase du clocheton beaucoup plus large que ce dernier ( remaniement ), puis le clocheton, avec perçement en plein cintre surmonté d’un fronton entouré de volutes de chaque côté. La cloche n'et plus en place.

A l’interieur , l’emplaçement de la tribune et la courbure des murs ajoutés autour de l’entrée, indiquent le remaniement de l’ouvrage. Le plafond en gypserie Louis XV est en grande partie écroulé.

On trouve quatre fresques peintes dans le chœur :
- Au fond à droite et à gauche de l’autel fresque de St Pierre et St Paul
- En pieds, sur les deux murs lateraux une fresque représentant le baptême de Jésus-Christ par St Jean Baptiste.
- Un prêche de Jésus dans un décor oriental avec une perspective inversée.

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Autres édifices religieux (ruinés)

Ancienne chapelle Saint Joseph

Elle se trouvait à droite de la mairie et contre les remparts. Il ne reste que deux arcs en appui sur le rempart de l’ancienne mairie, avec les départs de deux murs.

Elle fut édifiée en 1644 par la confrérie Saint Joseph et construite avec les restes de la chapelle Saint Martin qui se trouvait hors du village. Elle est ruinée et reconstruite au XVIIIe siècle. Elle est de nouveau ruinée au début du XIXe siècle. La mairie envisage alors, les foires n’ayant plus lieu, de transformer la halle en chapelle.

Cette chapelle à l’origine avait été construite pour permettre aux personnes âgées et aux handicapés de ne pas avoir a monter à l’église ND Dalidon et de pouvoir suivre les offices religieux.

Chapelle St Cécile

Il s'agit d'une chapelle Romane dont les fondations pourraient être paléochrétiennes. Elle est aujourd'hui totalement ruinée, seules restent la base de la table d’autel avecl'emplacement des 4 colonnes qui supportaient la table d’autel.

A l’ouest un ancien cimetière lui fait suite (tombes de lauzes ou de tégulae). Un autre cimetière recouvre tout le plateau à l’est de la chapelle.

Ce cimetière était encore utilisé au XVe et XVIe siècle. Ensuite il à été pavé pour servir d’aire de battage (voir les photos de cette aire et des vestiges de la chapelle dans la galerie Oppéde le village)

Le Château-fort

chateau fortLe château-fort fut construit au XIIIe siècle sous Raymond V de Toulouse, puis agrandi aux XIVe, XVe et XVIe siècles. Protégé par trois côtés d’à-pic, on y accède à travers les ruines du bastion, par un tunnel creusé à même la roche.

Contre le mur sud, subsistent de beaux vestiges de salles sous voûte, avec corniches sculptées et fenêtres de chœur romanes ouvrant vers l’est.

A l’angle sud-ouest, se dresse une tour de guet. Surplombant le vide, ce que l’on appelle pudiquement une échauguette, était en fait le w-c des occupants du fort. A l’angle nord-ouest de la citadelle, une étonnante tour, carrée à l’extérieur et ronde à l’intérieur, s’ouvre sur la cour.

Elle est défendue par des bouches-à-feu tournées vers l’aire comme dans la tour sud-ouest. A l’intérieur, de très beaux vestiges d’escalier à vis en pierre, élève le regard jusqu’a la voûte où figure le blason d’Accurse de Meynier, premier baron d’Oppède.

Sources et Liens ...

Oppède Patrimoine
Oppède sur Wikipédia
Carte d'Oppède le Vieux
Le carré magique (carré SATOR) sur Wikipédia
Le site de officiel d'Oppède

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